Quand l’agir touche le corps de l’analyste. Le silence des affects.

Par Christine Saint-Paul-Laffont

Quand l’agir touche le corps de l’analyste. Le silence des affects.

Le corps entre agir et somatisation, tel était le thème porté à la réflexion lors du colloque Penser l’agir à Toulouse en 2018. Considérer les somatisations sur un versant économique, hors sens, du côté de l’agir au même titre que certaines manifestations comportementales, à savoir de l’ordre de la décharge d’un quantitatif inélaborable, est l’ordinaire du psychosomaticien. Véritable acting-out direct selon M. de M’Uzan, il s’agit malgré tout d’une modalité expressive à prendre en compte lorsqu’elle survient dans le cadre d’une cure, à l’intérieur même du processus entre un patient et son analyste, témoignant de la faillite transitoire ou durable du fonctionnement mental. Elle peut engager les éprouvés de l’analyste et son contre-transfert au sens large afin de pouvoir donner du sens à ce qui semble ne pas en avoir. Je ferai un pas de plus en intégrant dans le matériel d’une séance une manifestation somatique du côté de l’analyste sous la forme d’une crise de survenue brutale et imprévisible, face au silence des affects et de la vie psychique chez une patiente malade somatique gravement désorganisée. Ceci donnera lieu à une réflexion sur les mécanismes en jeu et les modalités de réorganisation psychique.