La Société Psychanalytique de Paris

Objectifs

La Société psychanalytique de Paris a pour but de transmettre et développer la psychanalyse comme discipline scientifique et comme méthode thérapeutique fondées sur l’œuvre de Freud.

Fondée en 1926, la Société Psychanalytique de Paris a le statut d’une association reconnue d’utilité publique (RUP), à but non lucratif, régie par la loi de 1901. Ses ressources proviennent exclusivement des cotisations de ses membres, des recettes des manifestations scientifiques et éventuellement des dons et legs. La SPP est une association reconnue d’Utilité Publique. La SPP est une société composante de l’Association Internationale de Psychanalyse (API), ainsi que de la Fédération Européenne de Psychanalyse (FEP).

Pour remplir sa mission, la SPP a des activités scientifiques et des activités de formation. Elle dirige plusieurs publications : la Revue française de Psychanalyse (RfP), les Monographies et Débats de Psychanalyse, le Bulletin (interne). Elle organise des séminaires et des colloques ouverts au public : le Colloque de la SPP, le Séminaire Jean Cournut, les Conférences du mercredi et du jeudi, organisées à Paris Descartes, rue de l’école de médecine, les Conférences de Sainte Anne, le Colloque de la RfP, ainsi que de nombreuses activités de ses groupes régionaux. Elle dispose de deux instituts de formation, l’un à Paris et l’autre à Lyon. Outre le site internet, la Société dispose d’une bibliothèque (Bibliothèque Sigmund Freud – BSF) dont le catalogue de plus de 15000 ouvrages et tous les services sont accessibles via internet. La BSF abrite le Département des Archives et d’Histoire.

Histoire

Le 4 novembre 1926, la Princesse Marie Bonaparte, Mme Eugénie Sokolnicka, le Pr Hesnard, les Drs Allendy, A. Borel, R. Laforgue, R. Loewenstein, G. Parcheminey et Edouard Pichon fondent la Société psychanalytique de Paris.

Le groupe est uni par des projets comme l’organisation des Congrès des psychanalystes de langue française, la création de la Revue française de Psychanalyse (1927) et la constitution d’une Commission linguistique pour l’unification du vocabulaire psychanalytique français. Il est rapidement confronté à la question, faisant débat à l’époque, de la reconnaissance des psychanalystes non-médecins.

L’occupation allemande désorganise la Société : la pratique analytique disparaît presque totalement, des membres émigrent à l’étranger ou se réfugient en zone libre, l’Institut de formation créé en 1934 ferme ses portes et la Revue française de Psychanalyse cesse de paraître.

Après la guerre, la SPP se réorganise progressivement. Le problème de la formation des nouveaux psychanalystes se pose et, avec lui, celui de l’organisation d’un institut de formation. Quelles modalités pratiques choisir pour le cursus de formation ? Faut-il tenir la formation psychanalytique indépendante de l’enseignement universitaire ou, au contraire, faut-il l’en rapprocher ? L’Institut de Psychanalyse est fondé en 1953, mais des désaccords subsistent entre Daniel Lagache et Sacha Nacht qui défendent des options divergentes quant aux rapports que la formation psychanalytique doit entretenir avec l’enseignement universitaire. Par ailleurs, la pratique des « séances à durée variable » de Jacques Lacan soulève la défiance de ses collègues. Ces tensions conflictuelles provoquent le départ de quelques membres rassemblés autour de Daniel Lagache défenseur de l’option universitaire, bientôt rejoints par Jacques Lacan.

Le groupe démissionnaire fonde la Société Française de Psychanalyse (SFP). Désavouant la pratique des séances courtes de Lacan, l’API refuse de reconnaître la nouvelle société. En 1964, démis de ses fonctions de formation, Lacan quitte la SFP avec une partie de ses élèves. De cette nouvelle scission naissent d’une part l’Association Psychanalytique de France (APF) reconnue par l’API, d’autre part le premier groupe « lacanien » qui prend le nom d’Ecole Freudienne de Paris (EFP). En 1969, des membres quittent l’EFP et créent l’Organisation Psychanalytique de Langue Française (OPLF), plus connue sous le nom de « Quatrième Groupe ». En 2004, des membres démissionnent de l’OPLF et fondent la Société Psychanalytique de Recherche et de Formation (SPRF, rattachée à l’API). Après la mort de Lacan, le mouvement lacanien a éclaté en de nombreux groupes. La SPP a poursuivi son développement, formant de nombreux analystes. Des voies nouvelles de recherches se sont dégagées de ses travaux dans le domaine de la psychanalyse avec les enfants, comme dans celui de la psychosomatique et de la psychose.

En 1986, l’Institut de Psychanalyse cesse d’être une association indépendante. L’Institut réintègre la SPP dont il devient un « organe formateur » et la Société est gérée par une Assemblée Générale composée de tous ses membres. En 1994, la Commission d’enseignement qui réunit l’ensemble des formateurs modifie l’accessibilité au cursus de formation : toute personne en analyse avec un membre de la SPP, qui n’est plus comme auparavant obligatoirement un membre formateur, peut désormais faire acte de candidature au cursus de formation. La question de l’analyse « didactique » est tranchée : toute analyse est une analyse « personnelle » et elle se voit, de ce fait, disjointe du cursus de formation dans lequel l’analyste du candidat n’intervient en aucune façon et à aucun moment. Cette évolution a récemment conduit à une nouvelle réforme (2007) : la réduction du nombre des catégories de membres à deux, au lieu de trois précédemment. La formation ne relève plus de la responsabilité d’une « catégorie » de membres élus à vie, mais de membres titulaires élus spécifiquement pour assurer cette fonction pendant un temps limité, reconductible.