TDHA, Hyperactivité avec troubles de l’attention. Que peut en dire la psychanalyse aujourd’hui?

Le diagnostic d’hyperactivité a envahi les institutions, qu’elles soient soignantes ou scolaires, et bien au delà le socius, les médias, et malheureusement les familles… Ce diagnostic pédopsychiatrique, qui repose sur une évaluation comportementale, aboutit le plus souvent à un traitement médicamenteux sans que soit véritablement posée la question du sens de ce trouble du comportement dans l’organisation globale de la personnalité du patient, pas plus que les données contextuelles de son apparition.

Que peut en dire la psychanalyse contemporaine ? La psychanalyse reste le seul corpus théorique à proposer une compréhension d’ensemble du fonctionnement psychique, de sa structuration et des émergences de symptômes, fussent-ils comportementaux. La symptomatologie du fameux TDH-A, « syndrome d’hyperactivité avec troubles de l’attention », existe depuis longtemps et s’insère dans différentes organisations psychopathologiques et il semble essentiel de resituer ces symptômes dans le fonctionnement psychique particulier et propre à chaque enfant.

À partir de la rencontre avec Nathan, nous pourrons réfléchir à la question de la pulsionnalisation de l’excitation, à celle des défaillances des systèmes de transformation de l’excitation en pulsion, et donc à la constitution d’un masochisme érogène primaire qui soutienne la construction du narcissisme primaire. Car c’est bien à un effort de construction de nos représentations de l’aube de la vie psychique que cette symptomatologie nous convie.

Isabelle MARTIN KAMENIAK