Traumatisme et Somatisation

Par Diran DONABÉDIAN

C’est à partir de l’approche freudienne de la 2ème théorie des puisions que les Psychosomaticiens de l’Ecole de Paris ont fondé la conceptualisation des états traumatiques et de la potentialité des somatisations.

Dès 1923, et à partir du « Moi et du ça, Sigmund Freud insiste sur la nécessité du Moi à faire un travail de représentation de l’état traumatique. Il va développer la thèse de la constitution d’une névrose traumatique, que nous entendons, comme une capacité du Moi à effectuer un double processus. D’une part, le Moi se protège du quantum d’excitation externe mais aussi interne (la douleur par exemple) en organisant un pare-excitation aux fins de diminuer la charge traumatique ; mais aussi, d’autre part à organiser un processus masochique de type érogène, cela, du mieux possible en fonction de l’organisation phallique du Moi, initiale, acquise avant l’état traumatique.

Quel est l’apport de la psychosomatique de l’École de Paris, fondée dès 1972 par Pierre Marty, Michel Fain avec Michel De M’Uzan, Christian David.

Ils vont spécifier la notion de pare-excitation anti-traumatique en la liant à la capacité de décharge comportementale et aussi du risque de désorganisation somatique quand les défenses anti-traumatiques ont fait défaut ; nous entendons par défenses anti-traumatiques le pare-excitation, le masochisme érogène primaire.

Claude Smadja et Gérard Szwec ont largement contribué à définir les défenses antitraumatiques quand ils ont défini les procédés auto-calmants. Ils ont pour but, et c’est leur fonction, de diminuer la charge d’excitation du Moi, en situation d’état traumatique. Ils insistent sur la capacité du Moi à lutter contre l’état traumatique en recourant à la décharge comportementale, montrant, l’échec du Moi à organiser le masochisme érogène primaire,

Benno Rosenberg, fidèle à la pensée psychosomatique a développé le concept de masochisme mortifère. Il a défini ainsi les prémisses de la négativité d’André Green, en développant la clinique des sujets anorexiques ou de sujets en phase d’addiction sans organisation de leur autoconservation.

L’approche psychosomatique des Psychanalystes de l’Ecole de Paris est très vaste incluant des concepts majeurs tels que le Moi Idéal de toute puissance mégalomaniaque, narcissique ; mais aussi l’approche de la structure allergique anti objectale et désexualisante, enfin, la prématurité du Moi qui met en relief la capacité de développement du Moi en deçà de l’évolution libidinale.

De nombreuses illustrations cliniques aborderont ces concepts.